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Michel Illand, sieur de la Gaignardière,
est cité par Michel Barré dans ses chroniques comme le premier notaire
La paroisse de Contest disposait effectivement à l'époque d'un
notaire royal et l'office a existé jusqu'à la révolution.
On trouve mention de notaires royaux établis à
Contest avant Michel Illand (Jehan Hamel, cité en 1575 lors de la prise
de possession de la cure de Contest par le curé Jullian Illand,
François Nepveu de la Fouchardière dans les années 1640 )
Il n'est pas vraiment établi que ce Michel Illand de la
Gaignardière ait été notaire royal.
On sait de lui qu'il habitait
à Contest à la Louvelière puis à la Tannerie
(Michel Barré mentionne plutôt la Masure, sans doute par
confusion avec le notaire François Illand de Commer, sieur de la
Masure)) et qu'il était
probablement marchand et collecteur de taille.
On le rencontre également en
1672 greffier du seigneur des Barres à Contest.
Un acte du 29 avril 1706, relatif à l'acquisition de
la Basse Pilière, mentionne que ce village" est estimé à la
somme de 40 livres, à la requête de Jean Le Cendrier, collecteur de
taille et de Gabriel Pouteau, stipulant pour Michel Illand, sieur
de la Gaignardière, son collecteur".
Les terres de la Gaignardière ne se trouvent pas à
Contest, mais on trouve mention à l’époque, de villages de la
Gaignardière à proximité de Contest : à la Chapelle au Grain (paroisse
de St Georges Buttavent) et à la Bigottière.
Né en juin 1645 à Contest,
fils de Michel Illend, sieur de Launay et de Jehanne Le Marchand, petit
fils de Michel Illend et de Barbe Gresland, Michel Illand de la
Gaignardière épouse en premières noces Marguerite Heslot le 29 octobre
1675 à Commer (il est cité à son mariage "sieur de la Gaignardière").
Son épouse décède peu de temps après le mariage (le 4 juin 1676 à Commer)
et Michel Illand se remarie, sans doute vers 1677 avec Renée Baudron de
la paroisse d'Alexain.
On trouve mention de 7 enfants de ce couple à
Alexain et Contest, dont
2 garçons morts en bas âge.
L'une de ses filles Marie épousera à Contest en août 1707, Julien Daguier, sieur de la
Royrie, chirurgien,
fils de Jehan Daguier, notaire royal à Contest et de Marie de
Hérissé. Marie décède en août 1707 (pratiquement en même temps que
sa fille Marie Daguier, son beau-père Jehan Daguier et son jeune
beau-frère Michel (âgé de 18 ans). On peut sans doute attribuer ces
décès aux épidémies fréquentes à l'époque.
Julien Daguier, résignataire de sa mère, Marie de
Hérissé, obtient provision de notaire le 16 septembre 1708.
Le fils de Julien Daguier et de Marie Illand, Jean
Michel épouse Marie Garnier en 1723. Leur enfant Julien-François,
né en 1725, obtient provisions de notaire le 18 novembre 1750 et
succède ainsi à son grand père comme notaire royal de Contest.
(cliquer sur Julien-François pour accéder à la
transcription du texte royal octroyant provision d'office de notaire à
Julien-François Daguier)
signature de Michel Illand de la Gaignardière
Michel Illand de la Gaignardière est décédé à Commer le 8 décembre
1713.
On trouve sa
signature au bas de très nombreux actes de l'époque. Il avait fondé une
place de bancs à son nom dans la chapelle du rosaire de l'église de Contest (chapelle construite par le curé Jehan Yllend).Cet emplacement
fut racheté le 27 août 1775 par Julien Daguier (pour sa vie et celle
de ses enfants) pour la somme de 3 livres à payer au jour de Toussaint.
L'inscription indicatrice de cette place de bancs se voyait encore il y
a quelques dizaines d'années dans le pavage de la chapelle :

Une inscription similaire au nom de Renée Baudron (femme de Michel
Illand) est également citée par l'abbé Angot.
Traces de fierté ou traces de piété, on serait enclin à pencher pour
la première hypothèse si l'on garde de ce Michel Illand de la
Gaignardière une image de personnage haut en couleur, traînant par monts
et par vaux pour ses "traffiques" (l'expression est de lui), et un
tantinet coléreux et querelleur. On en a pour preuve une altercation
en aoüt 1678 avec un maréchal ferrand de Montsurs, Jullien Gaulthier.
La querelle connut une issue dramatique avec le décès quelques jours
plus tard de la femme du maréchal (François Fouquet).
Les faits tels qu'ils résultent des témoignages des divers témoins
sont résumés ici :
Le samedi 10 août 1678, fête de la St Laurent,
Michel Illand, s'était rendu à la foire de Montsurs pour ses
activités de négoce.
Dans le courant de l’après midi, vers 4 ou 5
heures, son cheval «rouge et blanc » ayant perdu un fer, il se rend à la
forge de Julien Gaulthier, maréchal, exerçant à la Croix Blanche à
Montsurs, au bord de la rivière et près du moulin. Il était accompagné
d’un nommé Descaryer, sans doute son domestique.
Des déclarations (à peu près convergentes des
témoins), il semble que le maréchal ait posé un fer au pied de
l’antérieur droit du cheval et des clous qui manquaient aux fers des
postérieurs. Le travail réalisé, Julien Gaulthier réclame un paiement de
5 sols. Il s’en suit une contestation du prix et une altercation,
Michel Illand n’en voulant donner que 4 sols (il lui aurait jeté une
pièce de 4 sols selon un témoin). Dans ces conditions, Julien Gaulthier
préfère ne rien recevoir et reprendre son fer ainsi que les clous qu’il
a posés.
Michel Illand préférant également s’en tenir à
cette solution, le maréchal Julien Gaulthier entreprend de déferrer le
cheval et de retirer les clous. Le "nommé Gaignardière" (expression des
témoins) saisit le pied du cheval pour aider le maréchal à déferrer,
mais vite fatigué de tenir le pied et semble –t-il ne voulant pas jouer
un rôle de domestique, il demande au maréchal de faire venir son valet.
Mais c'est Françoise Fouquet, la femme de Julien Gaulthier, qui sort de
sa boutique attenante à la forge pour prêter main forte. Elle saisit un
pied (sans doute postérieur) du cheval pour aider son mari à retirer les
clous. C’est alors que le compagnon de Michel Illand, le nommé Descaryer
s’écrit « Monsieur, il enlève plus de clous qu’il n’en a mis ».
Dans un moment de grande confusion, où les
témoignages divergent, le "dit Gaignardière" donne un coup à la femme du
maréchal, semble –t-il pour lui faire quitter le pied du cheval.
Celui-ci ayant pris peur, fait un écart et donne un coup assez violent à
la jambe ou au pied de Françoise Fouqué. Michel Illand quant à lui,
aurait reçu un fort coup de marteau sur l’épaule de la part du maréchal
(mais ce fait n’est relaté par aucun témoin, si ce n’est le
chirurgien qui constatera cette blessure). Michel Illand visiblement
emporté aurait également donné un coup de pied dans le ventre du
maréchal. Puis reprenant avec son compagnon les brides des chevaux, il
aurait quitté la forge en jurant et menaçant « Morbleu, Jean Foutre, je
voudrais te tenir à 3 pas d’ici », pour s'en retourner vers Montsurs.
Des témoins l’auraient vu ensuite à la forge du
Cheval Blanc à Montsurs. Il serait également aller se faire soigner un
peu plus tard sa blessure chez François Baddier maître chirurgien à
Montsurs. C’est d’ailleurs chez ce même chirurgien qu’avait été conduite
un plus tôt Françoise Fouquet pour se faire soigner de ses blessures.
Le lendemain, Julien Gaulthier porte plainte devant
le bailli de Bourg le Prestre (maintenant la Chapelle Rainsoin), sa
femme décède quelques jours plus tard.
Michel Illand est incarcéré à la prison de Bourg le
Prestre. L'instruction du procès aboutit le premier octobre à la
sentence suivante :
"...Avons condamné et condamnons
le dit Island, deffendeur et accusé, au dit Gaulthier demandeur et
accusateur, tant pour luy que son enfant en la somme de 300 livres de
reparations dommaiges et interests,
et en outre 300 livres d’amende vers Cour sur laquelle seront pris les
frais de Justice,
le tout par corps, et ce nonobstant opposition ou appellation qu’il
requit faict ou a faire et sans prejudice d’icelle en cas d’appel sous
caution qui sera recu devant nous, suivant l’ordre mandant cy donné au
Bourg le Prestre, en nostre auditoire par nous René Pelisson Sieur de la
Pommeraye licentié en droictz bailly juge ordinaire civil et criminel de
la baronnye du dit lieu en assistance de Maistre Anthoine Sorin Sieur
du Bignon licentié en droictz juge de B et aussi advocat au Siege royal
de Ste Suzanne et Jean Aubry sieur de la Goupilliere aussy licentié en
droictz bailly – le 1er octobre 1678
signé R Pelisson et J Aubry »
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