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Les notaires royaux

 

L'ancien régime comprenait différentes catégories de notaire selon leur rattachement et leurs fonctions. A côté des notaires seigneuriaux, des notaires apostoliques, abbatiaux, tabellions... les notaires royaux relevaient de l'autorité du roi.

La plupart des paroisses disposaient d'un notaire royal "estably et resident" dans la dite paroisse.

On trouve mention au XVIIème siècle de 2 notaires portant le nom Island en Mayenne, François Island de Commer et Michel Island de St Germain d'Anxure. Quelques liens familiaux entre des familles Illand et des notaires royaux sont également mentionnés ci-après.

 

François Illand

Notaire royal à Commer dans les années 1660 - 1690

Né à Contest le 6 décembre 1638, fils de Jehan Illend sieur de la Boutinière et de Jehanne Lefeuvre, petit-fils de Jullien Illend et de Marie Tiercelin, il se rattache donc à la branche des Illend de Contest.

Sieur de la Masure, il demeurait au village du petit Vaugaron à Commer. On trouve sa présence dans un acte de décembre 1664 passé devant Eustache Roche, notaire à Martigné (voir rubrique documents archives)

On sait qu'il fut maintenu le 19 septembre 1665 et qu'après son décès, l'office fut adjugé le 18 novembre 1693, par sentence du juge de Fontaine-Daniel, au sieur de la Morinière.

Il est mentionné avec l'orthographe "Island" dans les annuaires de notaires, alors qu'il signait F Illand (avec deux "l")

 

 

Michel Island

Notaire royal à  la Bigottière, nommé notaire royal à St Germain d'Anxure en 1689.

 Michel Barrier, notaire royal de St Germain d'Anxure étant décédé en exercice en 1689, le roi , sur l'avis de sa famille, donne provision à Michel Island, originaire de la Bigottière, par lettre de provision du 18 octobre 1689.

Michel Island étant également venu à décéder, l'office fut mis en adjudication et vendu à Claude Pousteau en septembre 1690.

Cliquer pour accéder à la transcription de la lettre de provision

signature de Michel Island, notaire

   

  

Michel Illand de la Gaignardière

Michel Illand, sieur de la Gaignardière, est cité par Michel Barré dans ses chroniques comme le premier notaire

La paroisse de Contest disposait effectivement à l'époque d'un notaire royal et l'office a existé jusqu'à la révolution.

On trouve mention de notaires royaux établis à Contest avant Michel Illand (Jehan Hamel, cité en 1575 lors de la prise de possession de la cure de Contest par le curé Jullian Illand, François Nepveu de la Fouchardière dans les années 1640  )

Il n'est pas vraiment établi que ce Michel Illand de la Gaignardière ait été notaire royal.

On sait de lui qu'il habitait à Contest à la Louvelière puis à la Tannerie (Michel Barré mentionne plutôt la  Masure, sans doute par confusion avec le notaire François Illand de Commer, sieur de la Masure)) et qu'il était probablement marchand et collecteur de taille.

On le rencontre également en 1672 greffier du seigneur des Barres à Contest.

Un acte du 29 avril 1706, relatif à l'acquisition de la Basse Pilière, mentionne que ce village" est estimé à la somme de 40 livres, à la requête de Jean Le Cendrier, collecteur de taille et de Gabriel Pouteau, stipulant pour Michel Illand, sieur de la Gaignardière, son collecteur".

Les terres de la Gaignardière ne se trouvent pas à Contest, mais on trouve mention à l’époque, de villages de la Gaignardière à proximité de Contest : à la Chapelle au Grain (paroisse de St Georges Buttavent) et à la Bigottière.

Né en juin 1645 à Contest, fils de Michel Illend, sieur de Launay et de Jehanne Le Marchand, petit fils de Michel Illend et de Barbe Gresland,  Michel Illand de la Gaignardière épouse en premières noces Marguerite Heslot le 29 octobre 1675 à Commer (il est cité à son mariage "sieur de la Gaignardière"). Son épouse décède peu de temps après le mariage (le 4 juin 1676 à Commer) et Michel Illand se remarie, sans doute vers 1677 avec Renée Baudron de la paroisse d'Alexain.

On trouve mention de 7 enfants de ce couple à Alexain et Contest, dont 2 garçons morts en bas âge.

 L'une de ses filles Marie épousera à Contest en août 1707, Julien Daguier, sieur de la Royrie, chirurgien, fils de Jehan Daguier, notaire royal à Contest et de Marie de Hérissé. Marie décède en août 1707 (pratiquement en même temps que sa fille Marie Daguier, son beau-père Jehan Daguier et son jeune beau-frère Michel (âgé de 18 ans). On peut sans doute attribuer ces décès aux épidémies fréquentes à l'époque.

Julien Daguier, résignataire de sa mère, Marie de Hérissé, obtient provision de notaire le 16 septembre 1708.

Le fils de Julien Daguier et de Marie Illand, Jean Michel épouse Marie Garnier en 1723. Leur enfant Julien-François, né en 1725, obtient provisions de notaire le 18 novembre 1750 et succède ainsi à son grand père comme notaire royal de Contest.
(cliquer sur Julien-François pour accéder à la transcription du texte royal octroyant provision d'office de notaire à Julien-François Daguier)

signature de Michel Illand de la Gaignardière

Michel Illand de la Gaignardière est décédé à Commer le 8 décembre 1713.

On trouve sa signature au bas de très nombreux actes de l'époque. Il avait fondé une place de bancs à son nom dans la chapelle du rosaire de l'église de Contest (chapelle construite par le curé Jehan Yllend).Cet emplacement fut racheté le 27 août 1775 par Julien Daguier (pour sa vie et celle de ses enfants) pour la somme de 3 livres à payer au jour de Toussaint.
L'inscription indicatrice de cette place de bancs se voyait encore il y a quelques dizaines d'années dans le pavage de la chapelle :

Une inscription similaire au nom de Renée Baudron (femme de Michel Illand) est également citée par l'abbé Angot.

Traces de fierté ou traces de piété, on serait enclin à pencher pour la première hypothèse si l'on garde de ce Michel Illand de la Gaignardière une image de personnage haut en couleur, traînant par monts et par vaux pour ses "traffiques" (l'expression est de lui), et un tantinet coléreux et querelleur. On en a pour preuve une altercation en aoüt 1678 avec un maréchal ferrand de Montsurs, Jullien Gaulthier. La querelle connut une issue dramatique avec le décès quelques jours plus tard de la femme du maréchal (François Fouquet).

Les faits tels qu'ils résultent des témoignages des divers témoins sont résumés ici  :

Le samedi 10 août 1678, fête de la St Laurent, Michel Illand, s'était rendu à la foire de Montsurs  pour ses activités de négoce.

Dans le courant de l’après midi, vers 4 ou 5 heures, son cheval «rouge et blanc » ayant perdu un fer, il se rend à la forge de Julien Gaulthier, maréchal, exerçant à la Croix Blanche à Montsurs, au bord de la rivière et près du moulin. Il était accompagné d’un nommé Descaryer,  sans doute son domestique.

Des déclarations (à peu près convergentes des témoins), il semble que le maréchal ait posé un fer au pied de l’antérieur droit du cheval et des clous qui manquaient aux fers des postérieurs. Le travail réalisé, Julien Gaulthier réclame un paiement de 5 sols. Il s’en suit une contestation du prix et une altercation,  Michel Illand n’en voulant donner que 4 sols (il lui aurait jeté une pièce de 4 sols selon un témoin). Dans ces conditions, Julien Gaulthier préfère ne rien recevoir et reprendre son fer ainsi que les clous qu’il a posés.

Michel Illand préférant également s’en tenir à cette solution, le maréchal Julien Gaulthier entreprend de déferrer le cheval et de retirer les clous. Le "nommé Gaignardière" (expression des témoins) saisit le pied du cheval pour aider le maréchal à déferrer, mais vite fatigué de tenir le pied et semble –t-il ne voulant pas jouer un rôle de domestique, il demande au maréchal de faire venir son valet. Mais c'est Françoise Fouquet, la femme de Julien Gaulthier, qui sort de sa boutique attenante à la forge pour prêter main forte. Elle saisit un pied (sans doute postérieur) du cheval pour aider son mari à retirer les clous. C’est alors que le compagnon de Michel Illand, le nommé Descaryer s’écrit « Monsieur, il enlève plus de clous qu’il n’en a mis ».

Dans un moment de grande confusion, où les témoignages divergent, le "dit Gaignardière" donne un coup à la femme du maréchal, semble –t-il pour lui faire quitter le pied du cheval. Celui-ci ayant pris peur, fait un écart et donne un coup assez violent à la jambe ou au pied de Françoise Fouqué. Michel Illand quant à lui, aurait reçu un fort coup de marteau sur l’épaule de la part du maréchal (mais ce  fait n’est relaté par aucun témoin, si ce n’est le chirurgien qui constatera cette blessure). Michel Illand visiblement emporté aurait également donné un coup de pied dans le ventre du maréchal. Puis reprenant avec son compagnon les brides des chevaux, il aurait quitté la forge en jurant et menaçant « Morbleu, Jean Foutre, je voudrais te tenir à 3 pas d’ici », pour s'en retourner vers Montsurs.

Des témoins l’auraient vu ensuite à la forge du Cheval Blanc à Montsurs. Il serait également aller se faire soigner un peu plus tard sa blessure chez François Baddier maître chirurgien à Montsurs. C’est d’ailleurs chez ce même chirurgien qu’avait été conduite un plus tôt Françoise Fouquet pour se faire soigner de ses blessures.

Le lendemain, Julien Gaulthier porte plainte devant le bailli de Bourg le Prestre (maintenant la Chapelle Rainsoin), sa femme décède quelques jours plus tard.

Michel Illand est incarcéré à la prison de Bourg le Prestre. L'instruction du procès aboutit le premier octobre à la sentence suivante :

"...Avons condamné et condamnons le dit Island, deffendeur et accusé, au dit Gaulthier demandeur et accusateur, tant pour luy que son enfant en la somme de 300 livres de reparations dommaiges et interests,
et en outre 300 livres d’amende vers Cour sur laquelle seront pris les frais de Justice,
le tout par corps, et ce nonobstant opposition ou appellation qu’il requit faict ou a faire et sans prejudice d’icelle en cas d’appel sous caution qui sera recu devant nous, suivant l’ordre mandant cy donné au Bourg le Prestre, en nostre auditoire par nous René Pelisson Sieur de la Pommeraye licentié en droictz bailly juge ordinaire civil et criminel de la baronnye du dit lieu en assistance de Maistre Anthoine Sorin  Sieur du Bignon licentié en droictz juge de B et aussi advocat au Siege royal de Ste Suzanne et Jean Aubry sieur de la Goupilliere aussy licentié en droictz  bailly – le 1er octobre 1678
signé R Pelisson et J Aubry »

 

Michel Roche époux de Marguerite Illand

Michel Roche, notaire royal à Martigné avait épousé en cette paroisse le 27 novembre 1653 Marguerite Illand, fille de Jullien Illand de la Chauvellerie, originaire de Contest et parente du curé Jehan Yllend. et de  Michel Illend, sieur de la Chauvellerie et de la Bélissière.

Après le décès de Michel Roche, Marguerite épousera Michel Jamelin apothicaire. Marguerite décèdera elle-même vers 1660. Son importante succession (elle était notamment héritière de biens du curé Yllend) sera réglée par Eustache Roche, notaire à Martigné et fils de Michel Roche.

 

François Nepveu époux de Renée Illend

 François Nepveu, notaire royal à Contest,  institué le 2 août 1652 demeurait à la Fouchardière. Il était l'époux de Renée Illend

On note au même moment à la Fouchardière, la présence de Michelle Illend.

Il est probable que Renée et Michelle sont les filles nées respectivement en 1615 et 1616 de Jullien Illend et de Marie Tiercelin.

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